Thérèse Lebrun

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Le regard circule. Et la lumière traverse, du dedans au dehors, du dehors au dedans, de l’envers à l’endroit, et à travers. Quand la lumière s’en va, il reste les vides et ses bords, blanchis.

Poils hérissés, chenilles de transmission, tronçon de cylindre mouvant, éponges marines, structure trouée à double paroi trouée, calcification d’un oubli, portion d’abdomen d’insecte fossilisé.

Genèse. Le végétal armature sera choisi, cueilli, coupé. Puis, chaque petit tronçon sera trempé, enrobé de papier porcelaine. Il trouvera son double, s’accolera et prendra place, accolé de nouveau à ses congénères dans le minutieux et périlleux montage de la paroi. L’objet est élaboré dans une longue patience, un cocon de silence. La paroi est envers et endroit, elle tourne, rejoint son début et s’enroule. Elle s’élève et se fait ossature.

Quand viendra l’étape de la cuisson, le végétal sera brûlé, perdu. En négatif, resteront l’empreinte de sa texture et les vides laissés par le corps disparu. La consistance est maintenant du côté du papier porcelaine mais, est-ce lui qui structure la pièce ou sont-ce tous ces petits vides auxquels il donne forme ?

La douceur était intacte.

Marie Lebrun

Yves Malfliet


Sarah Guilloux

Un déséquilibre subtil. Les œuvres de Sarah Guilloux sont une invitation à un monde de douceur et de poésie.
L’harmonie de ces cocons de porcelaine vous trouble et vous rappelle par sa finesse, le monde oublié du ventre maternel. Tant de petits monde ou rondeurs et blancheurs vous laisseront un sentiment de fragilité.

Peggy Wauters

Nathalie Doyen

Mieke Everaet

Marnix Hoys

Kris Kampo

Kaorou Sasaki

Jean Claude Legrand

Hugo Meert

Fabienne Withofs

L’objet naît du vide qui pousse.
Construction, débordement, fusion de matière.
Magma de boue s’accrochant à la terre comme un parasite devient partie intégrante voire base pour l’évolution (élaboration) future des œuvres.
Etre habité pour bâtir.
L’objet reflète avant tout la simplicité du monde réel avec ces raccords visibles, des faiblesses qui deviennent indispensables à l’équilibre.
 
Tout est relation, des objets entre eux et avec le public,
de la matière à l’espace,…
Le graphisme ou l’écriture réminiscence, signes des temps relie l’objet à la mémoire.

Coryse Kiriluk

A propos de mon travail…
Après avoir explorer pendant cinq ans les méandres de l’espace habitable, je me suis aventurée dans les vides et les pleins de la sculpture en argile.
Ma recherche actuelle progresse autour de l’articulation et la mise en tension de deux matériaux, le métal et l’argile, avec leurs contraintes, leurs résistances et leurs spécificités respectives.
Est née de cette expérimentation une série de pièces intitulée ‘Les treillis’.
Réseau bien organisé, la structure du treillis est sans surprise, sans accidents.
La terre quant à elle est matière vivante, pleine de mouvements, vibrante, elle respire.  
L’entrelacement de ces deux matériaux opposés va engendrer un nouveau matériau à part entière.  Une matière hybride qui se situe quelque part entre la chair, la peau et la structure…
Un « Entre –deux » qui parle d’une rencontre.
Je privilégie les cuissons au bois : four-papier, four africain, four-sculpture.
La création artistique constitue pour moi une école d’humanité mais aussi d’autonomie, de différence.  A mon sens, l’art est avant tout questionnement et prise de position.

Coline Rosoux

Après avoir fréquenté l’Ecole d’Arts appliqués Pivauts à Nantes (2002-2003) et l’Ecole supérieure des Beaux-Arts d’Angers (2003-2008), Coline Rosoux a prolongé ses études à Bruxelles à La Cambre - Ecole Nationale Supérieure des Arts Visuels en 2010. Elle n’a pas attendu d’être diplômée pour se faire remarquer. En 2008, elle exposait avec un humour grinçant « La pipe » à la Biennale internationale de Vallauris. Récemment, Sèvres - Cité de la Céramique a accueilli une de ses installations durant six
mois. Multiples, ses compositions nous invitent dans un monde animé d’un bestiaire fantastique.

Autour de ses céramiques rôdent différentes énigmes. Complexe, chaque figure correspond à une histoire issue du folklore, des cultes, des traditions… Ses personnages symbolisent de nombreux récits en fonction de l’environnement dans lequel ils évoluent. Sa réflexion se place dans la narration. Influencée par le dessinateur de manga Hayao Miyazaki, Rosoux passe toujours par le dessin avant de questionner l’espace. De l’illustration à la céramique, il n’y avait qu’un pas à franchir. Faune, flore, divinités prennent ainsi vie en trois dimensions et dans des couleurs émaillées éclatantes. Tous ses sujets participent à la représentation du passé.

Le matériau céramique lui permet de créer librement toutes sortes de petites scènes. Pour Rosoux, la céramique est apparue comme une évidence. L’argile est le medium le mieux adapté à la matérialisation de son univers chimérique. Elle prône une liberté d’expression, une spontanéité qui passe par le hasard du geste. La surprise prime. L’inattendu est le moteur du récit. Lorsqu’elle installe ses céramiques en groupes,
chacune d’entre-elles peut devenir prétexte à une nouvelle histoire. Elles constituent alors des micro-récits dans lesquels chaque détail suggère une nouvelle interprétation globale.
Aux portes de l’ornement, son œuvre révèle différents visages. Tantôt calmes, ses céramiques se transforment en des pièces impulsives. Rosoux modèle la matière avec simplicité. En travaillant de façon simple et spontanée, en fuyant l’enjeu technique, son message apparait plus clairement

Antonino Spoto

Anne Marie Laureys

Anne Marie Laureys a étudié la céramique au Hoger Kunst Instituut Sint Lucas de Gand. Depuis lors, plus un jour ne s’est passé sans qu’elle ne touche à l’argile. Son langage, c’est le tour, sa façon de pénétrer le matériau.
Elle aime que ses céramiques expriment fraîcheur et passion. Elle les veut tactiles. Travailler l’argile, c’est explorer ses lois physiques et donner forme à la sensualité qu’elle en éprouve. C’est célébrer ce moment intense où émergent un espace, des formes fines et délicates qui révèlent la vitesse, la fluidité et l’extrême plasticité de l’argile. Dans ses formes tournées puis transformées, elle tente d’insuffler sa sensibilité toute personnelle, une sensibilité qui va de pair avec la tension et la flexibilité de la terre humide. Elle aime à stimuler une large palette de sens, à rendre palpable le geste, aussi mystérieux à ses yeux que l’expérience sexuelle. “Mes céramiques, dit-elle, sont des métaphores de sensations.” Elle commence par tourner un pot classique, symétrique. Et, alors que la terre est encore molle et humide, elle l’étire, la plie, la pince, la perce. La tension de l’argile sous ses doigts lui dicte la forme des plis. “C’est une exploration physique du processus, un phénomène d’action réaction entre la main, le cerveau et la matière.” Ce travail constitue la base de sa série de pièces appelées “Clay-e-motion” (2001-2008.)
Cependant, en 2009, elle s’est lancée dans une nouvelle recherche. Aujourd’hui, elle entend déconstruire/développer/explorer le concept de contenant; questionner le bord, la lèvre de la forme tournée. Et, ainsi, aller au-delà du contenant.
Le travail d’Anne Marie Laureys est présent dans les collections de la Province de Hainaut (Belgique), du Taipei County Yingge Ceramics Museum (Taiwan), du Arts and Crafts Museum de Shanghai (Chine) et du China and Keramikmuseum du Westerwald (Allemagne).

Vincent Kempenaers

Caroline Andrin 

Mes recherches actuelles découlent de l’observation d’un petit fait banal et anodin qui est la découverte d’un gant perdu sur un trottoir, et partent du principe qu’une forme en contient une autre. Le propos est comment créer de nouveaux objets à partir d’objets trouvés comme une paire de gants ou un bonnet? Ce que je désire développer est une réflexion sur le rapport intime que l’on entretient avec les objets de notre environnement quotidien; des objets que l’on porte ou que l’on utilise. Il s’agit plus précisément de se questionner sur la relation épidermique et sur notre rapport émotionnel aux objets. Seriez-vous prêt à porter le bonnet d’un autre, à boire dans le verre de votre voisin, ou alors à boire dans les mains d’un inconnu? Techniquement, mon travail s’intéresse au processus de fabrication et plus particulièrement à la technique du coulage. Traditionnellement on utilise des moules en plâtre dans lesquels on vient couler la barbotine (argile à l’état liquide). A partir d’un moule en plâtre, on peut réaliser plusieurs dizaines de tirages. Mon désir était d’obtenir un objet qui garderait les traces de sa fabrication et qui ne soit pas réalisé en série. Pour cela, j’ai commencé par fabriquer des moules en carton avec une structure rugueuse afin de garder l’empreinte du moule. Puis, pour fabriquer mes moules, j’ai utilisé d’autres matières par exemple la toile de jute. Je suis ensuite arrivée à utiliser des objets existants comme des bas, des gants ou encore des bonnets. Chaque moule n’est utilisé qu’une seule fois. Il est la plupart du temps détruit lors du démoulage.